L’an 2011 a déjà commencé pour Logitech, bien décidé à réduire au rang de détail de l’histoire celui qui l’a précédé. Hier, la firme basée à Romanel-sur-Morges et à Fremont (Californie) annonçait des résultats hauts en couleur pour le premier trimestre de son «année fiscale 2011», commencée au 1er avril.
Adieu les pertes: le patron du leader mondial des périphériques informatiques, Gerald Quindlen, s’est réjoui de la «meilleure marge brute au premier trimestre» de l’histoire de l’entreprise: 35,3%. Cela se traduit par un bénéfice net de vingt millions de dollars, à comparer avec la perte de 35 millions au cours de la même période de l’an dernier.
La société fondée en Suisse par Daniel Borel se réjouit d’avoir vu ses ventes croître de 66% outre-Atlantique par rapport à l’exercice précédent – un chiffre aidé par le fait que la nouvelle acquisition de Logitech dans le domaine de la vidéoconférence, LifeSize, apporte désormais son chiffre d’affaires de 27 millions de dollars dans les comptes.
Au niveau global, les ventes de Logitech ont crû de 47% pour atteindre près d’un demi-milliard de dollars sur les trois mois traditionnellement les plus faibles de l’année. Elles ont été portées par les outils classiques de la marque, souris (+46%) et claviers (+31%), ainsi que par l’explosion du marché des télécommandes multifonctions Harmony (+732%!), responsables à elles seules d’un chiffre d’affaires de 28,5 millions de dollars.
En attendant Google TV
Ce dernier chiffre est plus que simplement spectaculaire. Il est le signe tangible d’une réorientation qui est en train de s’affirmer chez Logitech, avec des appareils qui tendent à quitter les ordinateurs pour s’en venir trôner au milieu des lieux de vie. Le lancement cet automne du service Google TV aux Etats-Unis ( lire nos éditions du 21 mai ), dont Logitech fournira le boîtier, nommé Revue, et les périphériques de contrôle à raccorder à un potentiel de 60 millions de téléviseurs ne serait-ce que dans ce pays, va dans le même sens et suscite l’enthousiasme de Gerald Quindlen, qui en profite pour revoir à la hausse ses prévisions annuelles.
La veille, la société vaudoise annonçait également qu’elle ferait venir dans son conseil de direction le chef de produits de Netflix, Neil Hunt. Sa société loue sur abonnement des films ou des séries, envoyés par courrier ou téléchargeables sur des consoles de jeux ou sur la tablette iPad d’Apple. Son catalogue, parmi d’autres services, sera également accessible via Google TV.
Un climat favorable
Ces annonces interviennent dans un contexte qui semble particulièrement favorable aux sociétés technologiques. Hier, Sony annonçait aussi un rebond de ses ventes sur la même période. La semaine passée, Apple présentait des résultats époustouflants, avec un bénéfice net de 3,25 milliards de dollars durant son seul deuxième trimestre – des chiffres qui, toutefois, n’avaient pas encore pu pâtir des problèmes d’antenne de son dernier-né, l’iPhone?4. «Ces excellents résultats montrent que le secteur de l’électronique jouit d’un climat de consommation bien meilleur que ce que l’on pensait», confirme Michael Foeth, de Vontobel.
Il serait toutefois candide d’en profiter pour enterrer la crise et ses conséquences. «La bonne santé de ce segment particulier ne signifie pas qu’il en est de même pour la consommation générale», prévient l’analyste. Même (surtout?) dans un climat global maussade, le marché du divertissement fait plutôt figure d’exception.