ÉNERGIE

«Les labels sur les biocarburants sont attendus avec impatience»

Par Emmanuel Barraud le 23.03.2009 à 00:00

Des rencontres menées aux quatre coins du monde et pilotées depuis la Suisse romande s’achèvent cette semaine. Un «standard» sera publié au mois de juin.

«Soyons réalistes: il n’y aurait pas assez de place sur la planète pour remplacer par des biocarburants tout le pétrole qu’on utilise. La priorité, c’est d’en réduire la consommation.» Charlotte Opal coordonne les activités de la Table ronde sur les biocarburants durables, hébergée par l’EPFL. Jeudi dernier, elle animait à Bruxelles l’une des rencontres organisées aux quatre coins du monde jusqu’à vendredi prochain. Le but: établir les standards qui garantiront une production qui réponde aux critères de la durabilité: écologique, socialement acceptable et économiquement viable. Interview.?

Qui participe à l’élaboration de ces critères?
L’une de nos spécificités est que notre démarche est «multi-acteurs». Les rencontres organisées cette semaine rassemblent donc à la fois des représentants des groupes pétroliers, des fermiers producteurs de plantes destinées à être transformées en carburants et des représentants d’ONG et de gouvernements.

Et parvenez-vous à mettre tout ce monde-là d’accord?
Nous devons en effet trouver des consensus. Tous les parti­cipants ont étudié et commentent la «version zéro» de nos critères, que nous avons publiée il y a un peu plus de six mois. Il nous incombe désormais, avec ma petite équipe, de tenir compte de toutes leurs remarques afin de préparer une «version un» qui soit applicable.

Dans quel délai?
Nous la publierons dans le courant du mois de juin, ce qui permettra à des organisations de certification de proposer des labels dès le début de 2010.

Vos critères seront-ils  contraignants?
Non, les producteurs décideront de s’y soumettre sur une base volontaire. Mais nous savons que les gouvernements, les importateurs ainsi que les investisseurs et les banques attendent ces labels avec impatience. Ils veulent avoir la garantie qu’ils achètent ou soutiennent des carburants produits dans de bonnes conditions.

Quels sont les plus gros défauts de la production actuelle?
Il arrive trop souvent que ces cultures utilisent trop d’eau ou exploitent des travailleurs. On n’a généralement pas assez conscience non plus de leurs effets indirects, par exemple l’augmentation des prix liée à la disparition ou à l’éloignement de cultures alimentaires qui ont été remplacées par des agrocarburants.

Que ferez-vous pour l’éviter? Interdirez-vous la transformation des produits comestibles?
Non, parce qu’on peut produire des biocarburants durables à partir de n’importe quelle culture. Nous ne donnons aucune recommandation quant au choix de la matière première: tout est dans la façon de la gérer. Par exemple, il est toujours intéressant de trouver le moyen de transformer des déchets ou des sous-produits. Ou de favoriser la mise en culture de terrains marginaux, peu propices à la production vivrière. Mais on peut aussi pousser à l’augmentation des rendements, notamment en améliorant l’irrigation ou la qualité des semences – ce qui, au passage, favorise autant les biocarburants que la production alimentaire.

Sondage

Assurance maladie: êtes-vous favorable à l'obligation d'adhérer à un réseau de soin?




Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

Sondage

Pensez-vous que François Hollande pourra relancer la croissance en Europe?





SEARCH.ch

Commerce

Sondage

Dix ans après, comment jugez-vous Expo.02?




Le monde en images

Tous les dessins d'Herrmann