Pourvu qu’il y ait de la neige à Noël! Et même avant. Sinon les professionnels du tourisme éprouveront un gros chagrin cet hiver. Sans se préoccuper des flocons, le BAK Basel Economics annonce déjà une probable chute des nuitées de 3,7%.
Cette prévision s’avère fort inquiétante. La demande en nuitées avait en effet déjà reculé de 6,1% l’hiver dernier, juste après l’éclatement de la crise économique, en novembre 2008. Celle-ci a ensuite cruellement développé ses effets. Et cette saison il faudra skier en se préparant à une éventuelle hausse du chômage de plus de 50%, au cours des neuf prochains mois.
Mais les hôteliers redoublent de zèle commercial. «Leurs efforts aboutissent à des réductions de prix jusqu’à 35%, en dehors des périodes de haute fréquentation. Cette évolution s’observe dans des établissements de toutes catégories. Dans les villes de plaine comme dans les stations d’altitude», indique l’attachée de presse de Suisse Tourisme, Véronique Kanel.
«Authenticité et simplicité»
Des exemples concrets? Aux Diablerets (Alpes vaudoises), l’Hôtel des Lilas, deux étoiles, propose du 9 novembre au 23 décembre une chambre
double à 222?francs par personne, pendant deux nuits, avec demi-pension et une soirée fondue en prime.
Plus urbain. Le Mandarin Oriental, ex-Hôtel du Rhône, cinq étoiles, offre un week-end de luxe à Genève avec une chambre double à 380?francs par personne pendant deux nuits, jusqu’au 31 décembre.
A l’écoute des tendances, Suisse Tourisme (société de droit public se chargeant de promouvoir la branche touristique helvétique) s’efforce actuellement de mettre en évidence les forces commerciales de la parahôtellerie. Et tout particulièrement «l’authenticité et la simplicité» des cabanes de haute montagne.
En hiver, les petits prix se trouvent aussi dans la location d’appartements de vacances et plus encore dans le logement chez l’habitant. Ces armes doivent permettre de résister au mieux à la crise. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) prévoit une baisse de la demande en nuitées de 3% cette année et de 1,4% en 2010.
Mais la reprise arrivera. C’est certain. L’institut bâlois de recherche conjoncturelle s’attend ainsi à une hausse des nuitées vendues de 1,9% en 2011 et de 3,9% en 2012. Le maintien d’un haut différentiel entre le franc suisse et l’euro favorisera en plus le retour à la croissance. Les recettes liées aux visiteurs étrangers grimperont en effet de 5,8% en 2012, contre une augmentation globale de 3,9%.
Mais nous n’en sommes de loin pas encore là. Et les exploitants de remontées mécaniques se préparent eux aussi à un exercice 2010 tristounet, avec des revenus réels en baisse de 6,3%.