L'abandon du secret bancaire en Suisse pourrait entraîner une contraction de moitié de la place financière, estime Ivan Pictet. Ce qui signifie que le secteur ne représenterait alors guère plus de 6 à 7% du produit intérieur brut (PIB) helvétique.
L'impact serait notamment majeur pour Genève, explique le président de la fondation Genève Place Financière, dans une interview parue dans "Le Temps". "Les quelque 140 banques étrangères que compte Genève n'auraient plus de raison de rester, elles qui sont ici pour offrir le secret bancaire suisse."
Evoquant l'exercice 2009, Ivan Pictet n'hésite pas à parler d'"année sacrifiée". Quant à 2010, elle constitue encore une inconnue à ses yeux. Les banques devront se redimensionner "en raison de la conjoncture mais pas à cause des attaques extérieures" contre le secret bancaire. Il y aura des licenciements.
Dans le pire des cas, les banques à Genève pourraient supprimer jusqu'à 10% des emplois. Ce qui impliquerait en gros la perte de 1900 postes, selon le président de la fondation Genève Place Financière.
En ce qui concerne l'UBS, Ivan Pictet estime que l'ultimatum américain constitue une violation de l'Etat de droit qu'est la Suisse. "Mais cet épisode ne marque pas la fin du secret bancaire ni du modèle de la banque suisse."
Pour mémoire, la spécificité du secret bancaire suisse repose sur la distinction entre évasion fiscale (soustraction) et fraude fiscale (escroquerie).