Facebook? On aime ou on déteste, mais, cinq ans tout juste après la création de ce réseau social sur Internet, personne n’ignore plus de quoi il s’agit. Mais avec 150 millions d’internautes inscrits, l’entreprise fondée par Mark Zuckerberg, alors âgé de 19 ans, le 5 février 2003 n’est toujours pas rentable. Et ce, en dépit d’une valorisation estimée à 15 milliards de dollars pour cette société qui ne semble pas pressée d’entrer en Bourse.
«Un potentiel immense»
Président d’Internet Society Geneva et spécialiste des évolutions du Web, Stéphane Koch pense que c’est précisément à cause de cette croissance que Facebook ne rentre pas dans ses frais. «Avec les serveurs et les bandes passantes dont cette plate-forme a besoin et d’importantes charges en personnel, Facebook coûte 30 millions de dollars par mois, estime-t-il.
Et ces coûts augmentent chaque fois qu’un nouvel utilisateur s’inscrit!»
Côté recettes, par contre, le modèle commercial qui devrait faire entrer de l’argent n’est pas vraiment au point: les pages accueillent certes des publicités, mais le taux de «clics» est extrêmement bas. Selon plusieurs commentateurs, l’une des raisons est simplement que «l’on va sur Facebook pour draguer et déconner, pas pour lire de la pub»…
«Le potentiel est pourtant immense», poursuit Stéphane Koch. Grâce aux détails qu’il demande à ses membres, Facebook est en mesure de constituer des bases de données extrêmement précises sur les goûts et les intérêts des usagers. Ce qui permet de pratiquer des campagnes de promotion extrêmement ciblées. N’importe qui peut d’ailleurs créer sa publicité, en définissant précisément l’âge, le sexe et la provenance de ceux pour qui elle sera visible.
En outre, «selon des articles récents, Facebook aurait commencé à faire du data mining», ajoute le spécialise. Autrement dit, en se basant toujours sur les informations que ses millions d’usagers lui confient gratuitement, l’entreprise de Palo Alto est désormais en mesure de fournir à des clients commerciaux des données très précises, bien évidemment rendues anonymes, sur les centres d’intérêt de ses membres. Or, cela peut être monnayé.
L’exemple d’«Amazon.com»
Facebook pourrait aussi venir à tirer ses revenus de certains services qu’il rendrait payants. Par exemple pour des entreprises. Stéphane Koch estime que la rentabilité de Facebook finira par arriver «à court terme». «N’oublions pas qu’ Amazon.com a aussi mis plusieurs années avant de rapporter de l’argent», rappelle-t-il.
A 5 ans, la start-up devenue grande – 800 employés aujourd’hui et une campagne de recrutement maousse, notamment en Europe – pourrait donc être sur le point d’entrer dans la cour des grands d’Internet. Un peu comme son patron, vu pour la première fois portant une cravate lors de la dernière édition du Forum de Davos?
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