Après une domination de sept décennies, on avait presque oublié que le dollar est, à certains égards, une monnaie comme les autres. Sa santé est intimement liée à celle de son économie nationale.
Or, cette dernière accuse le coup. Face à la crise, Washington se devait de réagir. Mais les plans de relance ont sévèrement déréglé les comptes de l’Etat. Déficits et dettes se sont dangereusement accrus.
Une étude d’UBS, parue hier, suggère que la première économie mondiale pourrait ne jamais retrouver les taux de croissance qu’elle a connus par le passé. Pire, elle risquerait plus que toute autre économie développée de subir un regain d’inflation.
Parmi les événements qui pourraient permettre au billet vert de retrouver des couleurs, on évoque souvent une appréciation – décidée – de la monnaie chinoise. Mais jusqu’ici, Pékin, qui n’entend pas porter préjudice à ses exportations, n’a donné aucun signe allant dans ce sens. Au reste, aucun pays, à l’heure actuelle, n’entend voir sa monnaie s’apprécier. Un grand jeu de dévaluation concurrentielle qui explique d’ailleurs les cours actuels de l’or.
Le dollar peut envier la forme du métal précieux et sa glorification par les marchés. Lui, il n’y aura peut-être plus jamais droit si son économie n’est plus capable à l’avenir de le soutenir.
Si cette prévision devait se confirmer, le billet vert pourrait ne plus compter que sur un traitement artificiel pour sa survie future. Avec comme médecin la communauté internationale qui refuserait finalement de risquer les conséquences d’un effondrement de la seule devise internationale connue.