Loisirs

Comment Disneyland Paris s’est converti aux tarifs discount

Par David Haeberli le 22.01.2011 à 00:00

Le parc d’attractions fait des promotions-chocs. Objectif: faire venir les clients des pays voisins, dont la Suisse

Disneyland Paris casse les prix. Le parc d’attractions a lancé, début janvier, une campagne de trois mois qui permet d’économiser jusqu’à 30% sur le prix du séjour et qui offre le trajet en train et le séjour pour les enfants de moins de 12?ans. Ces discount sont lancés en direction de la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Irlande et de la Suisse.

Début 2010, le parc avait mené une action similaire. «Au second semestre de 2010, nous avions observé un rebond sur des marchés clés comme l’Angleterre et l’Espagne», souligne Julien Munoz, directeur marketing et ventes internationales à Disneyland Paris. Notons que la période correspondait aussi à l’ouverture de nouvelles attractions basées sur les personnages du film Toy Story (que la «Tribune de Genève» a pu découvrir lors d’un voyage de presse) . Cela n’a pas empêché la société Eurodisney d’enregistrer au final une baisse de 3% de sa fréquentation en 2010. Le discount doit aider Mickey et ses amis à remonter la pente.

Première destination touristique en Europe avec 15,4 millions de visites en 2009, pourquoi ressentez-vous le besoin
de baisser vos prix?

Depuis plusieurs années, notre secteur s’est inspiré de ce qu’il se passe dans l’aérien. Il s’agit de faire profiter les premiers entrants d’un contingent de chambres que l’on peut se permettre de vendre à un prix bas. D’autre part, le domaine touristique a connu deux années comme il n’en avait jamais connu. Certains ont cédé à une forme de panique.

Par exemple?

Des croisiéristes en Espagne ont offert la croisière et un ordinateur portable à leurs rares clients! Les gros Tour Operators avaient des stocks de chambres qu’ils préféraient louer à 1?euro plutôt que pas du tout. Ils ont tiré vers le bas l’ensemble du marché touristique. Pour nous, il était impossible de ne pas réagir. Pour faire partie du top?3 du choix des familles européennes, il nous a fallu «discounter».

Quitte à prendre le risque de dévaluer votre image?

Nous sommes conscients que cette politique peut entacher notre marque. Mais nous pensons que nous prendrions plus de risque en ne «discountant» pas. Le consommateur pourrait penser que nous ne sommes pas capables de nous adapter. D’où les offres de ce début d’année, destinées aux consommateurs qui planifient leurs séjours. Ou la collaboration avec des sites spécialisés dans le last-minute comme ventesprivees.fr, en France.

C’est donc la crise qui a apporté le discount à Disneyland Paris?

C’est ce qu’elle aura laissé: un changement de comportement de nos consommateurs. Non pas la recherche du plus gros rabais, mais celle du meilleur rapport qualité-prix. Je pense cependant que, dans cette politique de discount, nous sommes arrivés à un plancher.

Subissez-vous encore les effets de la crise de 2008?

Pour nous, 2008 a été une année record. Le vrai creux a été 2010. Nous sommes une activité que les gens réservent souvent bien à l’avance. D’autres événements ont détérioré l’année fiscale 2010: une grosse panne sur l’Eurostar juste avant Noël 2009, période faste pour le parc, et le fameux volcan islandais.

Vous êtes un des seuls parcs à thème ouvert en hiver, avec Europa Park et Parc Astérix. Votre clientèle est donc captive. Pourquoi offrir des tarifs promotionnels?

En hiver, nous entrons en concurrence non pas avec des parcs
d’attractions, mais avec des destinations semi-lointaines, où nos clients européens recherchent le soleil après les Fêtes. Les offres sont très compétitives pour cette période. Pour les marchés plus proches, comme la Suisse, nous entrons en compétition avec les stations de ski. Or, si un séjour au ski est assez onéreux, les stations ont pour elles la proximité. Nous nous devons donc d’adapter notre politique tarifaire à ces deux types de destinations.

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