Les Etats-Unis ont perdu des emplois pour le troisième mois d’affilée en août, mais ces pertes ont été bien moins importantes que ne le craignaient les analystes, selon le rapport mensuel sur l’emploi publié vendredi par le Département du commerce à Washington.?
L’économie américaine a détruit le mois passé 54?000 emplois de plus qu’elle n’en a créé (en données corrigées des variations saisonnières), indique ce rapport, alors que les analystes avaient estimé le solde net des destructions d’emplois à 120?000, selon leur prévision médiane. Le rapport du ministère montre que le taux de chômage est remonté comme prévu de 0,1?point en août, pour atteindre 9,6%, son plus haut niveau depuis le mois de mai.
Ralentissement des embauches
Selon ce document, le secteur privé a créé 67?000 emplois net en août, soit plus que ne le prévoyaient les analystes (44?000). Comme les mois précédents, les destructions d’emplois à l’échelle du pays résultent avant tout de la fin des contrats des personnes embauchées temporairement par l’Etat pour le recensement décennal, phénomène qui a touché encore 114?000 personnes en août, selon le ministère.
Celui-ci a revu fortement ses chiffres du mois précédent, qui apparaissent désormais, nettement moins mauvais que lors de leur publication initiale, puisque le nombre des destructions nettes d’emplois de juillet dans le pays a été divisé par plus de deux, à 54?000, du fait d’une révision en forte hausse des créations d’emplois du secteur privé. Cela n’empêche que le rapport traduit un net ralentissement des embauches nettes dans le privé en août, alors que gouvernement, économistes et investisseurs attendent de voir ce secteur prendre le relais de l’Etat pour faire repartir l’économie.
Christina Romer, conseillère économique du président américain Barack Obama, qui va abandonner ses fonctions ce week-end, a rappelé mercredi que des «centaines de milliers de postes nouveaux étaient nécessaires chaque mois pour ramener l’emploi à son niveau d’avant la crise». Le chômage de longue durée (plus de six mois) – dont la généralisation inquiète les dirigeants de la Réserve fédérale – touchait 42% des chômeurs à la fin du mois d’août.
Le chiffre officiel du chômage ne donne qu’un aperçu très limité de la réalité des difficultés que rencontrent des millions de familles américaines.
En effet, en incorporant les chômeurs dits «découragés» et les autres personnes exclues du décompte de la population active pour diverses raisons ainsi que celles que la conjoncture contraint de travailler à temps partiel faute de mieux, le taux de chômage «réel» atteignait 16,7% à la fin du mois d’août, soit 0,2?point de plus qu’en juillet.