Tout un symbole. Pour David Hiler, le fait que Jean-Pierre Roth ait accepté la présidence du conseil d’administration de la Banque Cantonale est bien la preuve que la BCGE est entrée dans une nouvelle ère. Après la période de la reconstruction qu’a incarnée Michel Mattacchini, voici «le symbole d’une nouvelle étape du déploiement de la banque, souligne le conseiller d’Etat en charge des Finances. Nous cherchions une personnalité forte.» Ce sera donc le Valaisan, né en 1946, ex-président du directoire de la Banque nationale, docteur en sciences politiques, mention économie internationale, de l’Université de Genève, qui a aussi enseigné à l’Institut des Hautes Etudes internationales.
Retraité depuis la fin de l’année dernière, Jean-Pierre Roth ne sera pas resté trop longtemps à bricoler autour de sa résidence bernoise ou à voyager avec sa femme, comme il le confiait avant de remettre la conduite de la politique monétaire suisse à son successeur, Philipp Hildebrand. Il vient en effet d’accepter coup sur coup une place dans les conseils d’administration de deux géants de l’économie nationale: Swatch Group et Nestlé. Il a aussi rejoint le conseil de fondation du think tank Avenir Suisse.
Un habitant du canton
Une collection d’engagements qui n’effraie pas David Hiler. Non seulement la Loi sur le cumul des mandats est respectée, mais le conseiller d’Etat voit aussi des «synergies potentielles» entre ces différents postes. «Je n’ai aucune inquiétude quant à un manque de disponibilité de Jean-Pierre Roth, qui va habiter Genève», insiste-t-il.
Pour David Hiler, la valeur ajoutée du président réside bien «dans la connaissance acquise en matière de stratégie bancaire ou de gestion des risques». Ainsi, c’est «un profil hors norme, qui a un grand souci du bien public», qui vient s’ajouter à une «direction générale fortement structurée autour de Blaise Goetschin».
Et de parler d’équilibre recherché entre les deux pôles de l’organigramme.
Jean-Pierre Roth prendra ses fonctions le 1er juillet. La BCGE précise que «dès lors le mandat de l’actuel président, Michel Mattacchini, est prorogé jusqu’au 30 juin».
Pour une finance durable
Autre «signe fort» pour la banque: la nomination par le Conseil d’Etat toujours d’Angela de Wolff au conseil d’administration. Elle occupera au soir de l’assemblée générale du 4 mai l’un des cinq sièges représentant l’actionnariat nominatif
du canton. La remplaçante de Mariane Grobet-Wallner n’est autre que la cofondatrice et présidente de l’association Sustainable Finance Geneva, qui promeut le développement durable dans la finance. Une image du «futur de la place financière», insiste un David Hiler «très satisfait» du visage de la représentation du canton au sein de la banque.