"Les mesures de protection sociale prises par le G20 depuis le début de la crise économique mondiale vont créer ou sauver entre 7 et 11 millions d’emplois" dans le G20, selon les estimations du BIT qui seront présentées au sommet de Pittsburgh (USA) les 24 et 25 septembre.
Sans ces mesures, le chômage dans les vingt premières économies de la planète aurait été de 29 à 43% supérieur durant les six premiers mois de l’année, souligne l’agence onusienne dans un communiqué.
Toutefois, le BIT a revu à la hausse ses prévisions de chômage mondial pour l’année en cours estimant qu’il pourrait atteindre le record de 241 millions, soit une augmentation de 61 millions du nombre de chômeurs entre 2007 et 2009.
Dans ses dernières prévisions datant de mai, le BIT tablait, au pire, sur un chômage de 239 millions de personnes dans le monde.
Tout en saluant les effets des gigantesques plans de relance activés par les gouvernements des économies riches, le BIT s’est inquiété de leur maintien dans le temps, d’autant plus important que le nombre d’entrants sur le marché du travail ne cesse de progresser sous la pression démographique (45 millions de personnes chaque année).
"Le chômage reste massif aujourd’hui. Si les mesures spéciales qui ont été prises sont retirées trop tôt, la crise de l’emploi pourrait encore s’aggraver", a prévenu le directeur du BIT, Juan Somavia, cité dans le communiqué.
L’organisation estime qu’on ne pourra parler de réelle reprise économique avant une réelle amélioration du marché de l’emploi, ce qui ne devrait pas arriver avant plus d’un an. Elle préconise ainsi que tous les pays du G20 maintiennent leurs mesures en faveur de la demande et de l’emploi "au moins jusqu’à la fin de 2010, jusqu’à ce qu’il y ait une reprise réelle du marché du travail".
"L’indicateur de l’emploi est le seul vrai indicateur de reprise économique", a insisté lors d’une conférence de presse le vice-directeur du BIT, Philippe Egger.
Le BIT recommande notamment que les Etats poursuivent l’effort à soutenir les dépenses consacrées aux infrastructures, les réductions d’impôts, subventions et crédits pour les petites entreprises ainsi que les montants alloués directement à la protection sociale.
Si de nombreuses personnes vulnérables dans les pays en développement ont pu bénéficier d’aides, le Bureau s’est dit soucieux de leur sort tant ces Etats auront encore besoin de financement pour lutter contre le chômage.
En juin, le BIT avait alerté que le chômage constituait une véritable bombe à retardement en cette période de crise aiguë, aux "grands risques" de déstabilisation politique et sociale.
Le BIT compte une nouvelle fois défendre cette position ainsi que son projet de Pacte mondial pour l’emploi au sommet du G2O la semaine prochaine où la question du chômage devrait être largement abordée.