Ils voulaient sauver leurs sushis au thon rouge. Les Japonais se congratulent ce matin de leur avoir accordé le sursis, oubliant un peu vite qu’ils venaient en fait de condamner à une mort certaine l’ingrédient sans lequel ces friandises ne sont que de pâles boulettes de riz.
Hier, à Doha, une très large majorité des pays qui devaient se prononcer sur une mesure de protection de cette espèce menacée a joué la carte de l’immédiateté. Suivant ainsi les injonctions de l’Empire du Soleil levant, premier partenaire commercial en matière de chair de poisson cru. Et pris de cours, peut-être, par les gesticulations du délégué libyen, qui serait parvenu à précipiter le vote en mettant en cause les conclusions des scientifiques.
On raconte qu’à la veille du scrutin, les Japonais avaient pris soin de servir du thon rouge, sushis et sashimis, aux représentants des autres pays.
Courbettes, rodomontades, promesses d’échanges économiques fructueux auront sans doute fait leur office auprès des délégués. Surtout ceux des pays en développement, bien trop occupés à rechercher des affaires pour penser à l’avenir d’un poisson. Ou de la planète.
Cet échec, cuisant, rappelle celui de la conférence climatique de Copenhague. De beaux discours succèdent aux promesses, mais rien ne se traduit dans les faits. A chacun de ces grands rassemblements internationaux, une même certitude finit par s’imposer: celle de leur inutilité.