Ils «tchatchent», se racontent les dernières nouvelles, quelqu’un propose une soirée raclette… Mais ils ne sont pas là (que) pour ça; rapidement, le silence se fait, chacun respire profondément, c’est l’heure du taï chi. Ils – en fait neuf «elles» pour chaque «il» – se retrouvent chaque semaine à la salle des Asters pour un cours réservé aux plus de 55?ans.
La leçon commence en douceur: «Je travaille beaucoup sur l’équilibre, la verticalité, la respiration et la circulation des énergies dans le corps», explique Valérie Oppel, la prof. Délibérément, elle présente les exercices en tournant le dos aux élèves: «Ainsi, ils ne se sentent pas jugés; quel que soit leur handicap, ils sont à l’aise.»
Enracinée dans la terre
On prend appui sur une jambe, on «l’enracine dans la terre», on lève l’autre – peu importe si ce n’est pas très haut – l’important est de décoller le pied du sol et de garder son équilibre. Puis c’est la danse de l’éléphant, les mains se tendent en avant. «C’est plus difficile avec la trompe!» se plaint Jean-Pierre, qui tangue un peu.
Les corps se redressent, les bras se lèvent, les gestes sont harmonie, élégants quand les élèves enchaînent les figures, miment un joueur de luth chinois.
Solange est allée s’asseoir tandis que les autres continuent de bouger tout en lenteur. «J’ai plusieurs prothèses, dit-elle, ça fait mal! Mais le taï chi améliore ma santé, m’aide beaucoup à rester souple, c’est excellent, en particulier pour les genoux.»
Le taï chi, cet art – martial à l’origine – est né au milieu du XVIIe siècle. Il mobilise les articulations en douceur, favorise l’équilibre, aide à retrouver la verticalité. «Les médecins, explique Valérie Oppel, le recommandent aux personnes souffrant d’arthrose, de nervosité, de problèmes cardiaques, respiratoires et articulaires. Il est efficace dans la prévention des chutes, il entraîne la mémoire grâce à la suite de mouvements qu’il faut enregistrer.»
Les éventails claquent
C’est le tour des avancés, qui s’avouent accros au taï chi. Après l’échauffement, musique! Les mouvements lents se font chorégraphie sur fond de paysages chinois; on «explore la mer», on «embrasse le tigre» avant de «l’emporter sur la montagne».
Soudain, les élèves s’envolent vers leurs besaces et en sortent des éventails.
Comme ils claquent dans la salle de loto des Asters! D’un exercice à l’autre, la grue blanche déploie ses ailes, le dragon vert sort de l’eau, le rhinocéros observe la lune… Les doigts s’allongent vers le ciel, les yeux pétillent, les éventails dansent, s’ouvrent et se referment au rythme des enchaînements.
Les cours de taï chi: une façon de se faire du bien en se faisant plaisir et en s’amusant…
Gratuit. Les cours, gratuits, de taï chi ont lieu le mercredi de 8?h?45 à 10?h (débutants), le mardi matin (moyens et avancés) à la salle de loto des Asters (au parc Trembley quand le temps le permet) et font partie du programme «Loisirs et sports – le bien-être par le sport dès 55?ans» de la Ville de Genève.
Au menu: autodéfense, badminton, gymnastique, gym aquatique et rythmique, entre autres. Infos auprès du Service des sports, tél. 022?418?43?60, e-mail
organisations-sds@ville-ge.ch, site www.ville-ge.ch/sports ou chez Mme?Oppel pour le taï chi, tél. 022?733?08?36.
A découvrir. L’association centrÂge, qui regroupe les enseignants de taï chi et de qi gong pour les personnes âgées. Internet: www.centrage.ch.
Conférence. «Vieillir sans être vieux». C’est le thème d’une conférence que donnera Marie de Hennezel, une psychologue française qui a écrit, entre autres, La chaleur du cœur empêche nos corps de rouiller, Ed. Robert Laffont. Lundi 23?novembre à 20?h, Uni Mail, auditoire 280, au rez. Prix: 20?fr., AVS?15?fr., membres centrÂge 10?fr.