«Nous n’avons pas pu manifester.» Bien que la mobilisation, locale et internationale, à la manifestation de samedi soit un succès pour la Coordination anti-OMC 2009, celle-ci regrette amèrement «qu'une minorité des personnes ait convoqué à une manifestation parallèle et qu'elle ait détourné la manifestation organisée par la Coordination de ses objectifs». «Nous n’avons pas pu donner la parole aux délégués internationaux des syndicats et des paysans que nous avions invité», déplore Giangiorgio Gargantini du syndicat SIT. «C’est décevant et grave.» Pour le syndicaliste, les fouilles menées dès le matin par la police en ville et aux alentours de la gare sur un grand nombre de personnes n’ont rien arrangé. «Moi-même, j’ai été fouillé deux fois. Et les policiers ne se contentaient pas de confisquer les objets dangereux, mais ils prenaient aussi des tracts politiques.»
Maria Casares, de la Marche mondiale des femmes, co-organisatrice de la manifestation, déplore la casse, mais aussi le fait que la police ait laissé faire. «Pourtant, elle ne pouvait pas être plus visible. On ne peut que déplorer les événements, mais le mécontentement populaire doit pouvoir s’exprimer.» Est-elle en colère contre les casseurs? «Les gens s’expriment comme ils peuvent. Je suis en colère contre un système qui créée de plus en plus d’inégalités et de pauvreté.»
Sandrine Salerno, conseillère administrative de la Ville de Genève, n'a pas participé à la manifestation, contrairement à son collègue, le maire de Genève Rémy, Pagani. Sandrine Salerno tient à faire la distinction entre «une large majorité de manifestants qui expriment une légitime contestation de l’OMC, et une minorité de casseurs au comportement de violence et de destruction indéfendable». Elle se dit en colère: «Cela ternit l’image de la ville. En 45 minutes, il n’y avait plus de manifestation. Ces casseurs ont empêché les altermondialistes de s’exprimer.» Pourtant, elle juge que malgré le risque de casse, il ne faut pas interdire ce genre de manifestations. «Sinon, c’est la démocratie qui cède devant les casseurs.»