Rendre les heures d’ouverture des magasins prévisibles, c’est simplifier la vie des citoyens. Voilà le grand mérite du projet de loi traité hier par le Grand Conseil. La solution que les patrons préconisent met fin au gymkhana mental auquel tout un chacun est soumis lorsqu’il doit faire ses courses à la sortie du bureau. Le système actuel – quatre horaires différents sur six jours ouvrables! – est devenu illisible. Il ne correspond plus au rythme d’une ville qui a avalé les premières années du XXIe siècle avec la même obsession qu’un gamin face à son bol de céréales: celle de grandir le plus vite possible.
Savoir que tout ferme à 20?heures est un progrès du point de vue majoritaire, celui des consommateurs. Encore faut-il que cette évolution soit accompagnée de compensations pour ceux qui vont en pâtir, à savoir les employés. Or, le dialogue de sourds auquel se sont prêtés patrons et syndicats durant les trois dernières années n’a pas permis de progresser sur ce point, pourtant crucial.
Le lien que l’on tisse avec celui ou celle qui nous sert à la caisse n’est pas anodin. Dans une société où les relations de travail sont toujours plus dures, où l’incertitude est la seule constante du marché de l’emploi, ce rendez-vous régulier avec une tête connue, voire une présence amicale, tient souvent de la parenthèse chaleureuse et nécessaire.
L’assurance avec laquelle les patrons ont actionné leurs relais au Grand Conseil pourrait bien être mise à mal si les consommateurs ont l’impression que ce passage en force se fait au détriment des employés. Pour être plus direct: en cas de référendum – inévitable, rappellent les leaders syndicaux – le résultat rappellera aux patrons que le climat social ne leur est pas favorable. Les partenaires sociaux doivent revenir à des meilleures dispositions.