Les musulmans ont droit dans chaque canton à leur cimetière propre ou à des carrés confessionnels. La revendication formulée hier par le président de la Coordination des organisations islamiques de Suisse (COIS), Farhad Afshar, interpelle à la fois sur la forme et sur le fond.
Sur le fond, des cimetières réservés aux seuls musulmans constitueraient de nouveaux ghettos. Les fidèles de l’islam doivent être inhumés au sein de la communauté suisse, dont ils sont membres à part entière. Ce qui n’exclut pas de leur ouvrir des carrés où ils pourraient respecter leurs rites
funéraires.
Sur la forme, en menaçant de saisir les tribunaux pour faire respecter les droits de ses coreligionnaires, Farhad Afshar risque d’envenimer le débat. Pour répondre à des demandes minoritaires, rien ne vaut le dialogue avec les autorités locales compétentes en matière de cimetières.
Ce dialogue porte ses fruits, comme à Genève. A quoi bon le court-circuiter via la justice?
Enfin, le président de la COIS fait preuve d’un manque de sens politique en lançant le débat sur les carrés confessionnels trois mois seulement après la votation pour l’interdiction des minarets.
Il ne s’agit pas d’obliger les musulmans de Suisse à se faire invisibles. Mais ils seraient inspirés de mieux choisir leurs combats. Et de ne pas revendiquer sur les carrés confessionnels l’inégalité de traitement dont ils se sentent souvent victimes. P