Un bâtiment signé Jean Nouvel, la collection la plus riche au monde de peintures européennes d’après-guerre et quelque 800?chefs-d’œuvre de l’art antique.
Voilà de quoi élever le Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH) au rang des dix plus prestigieuses institutions muséales en Europe. «Nous allons désormais jouer dans la cour des grands!» s’enthousiasme Jean Claude Gandur, une fois signé l’accord avec la Ville.
Cet homme de passion vient d’offrir à Genève les moyens de cette notoriété. Il finance l’extension du MAH et lui confie ses collections. Que va faire Genève de cette opportunité? La Ville et son magistrat Patrice Mugny ont, dès le début, soutenu le projet d’extension et l’idée d’un partenariat privé-public inédit à Genève dans le domaine culturel d’envergure.
Le bâtiment Nouvel a soulevé des oppositions. Iront-elles jusqu’au référendum? L’architecte serait prêt à amender son projet. Le restaurant panoramique, qui reste en travers de la gorge de certains, ne serait plus à l’ordre du jour.
Et l’argent? Gandur, qui a les moyens de bâtir un musée à sa gloire sur sa propriété de Tannay, a préféré enrichir une institution appartenant aux Genevois. Pour la force du symbole, il collectera au Molard 3?francs ici, 50 là.
La Fondation pour l’extension du Musée a trouvé 9 millions. Reste les banquiers privés et les horlogers genevois, qui ont promis beaucoup. Peut-être reprendront-ils confiance en voyant la signature de Jean Claude Gandur au bas d’une convention.