La mesure est rare. Le Conseil d’Etat justifie pourtant l’interdiction de la manifestation du 31 janvier contre le Forum économique mondial de Davos par la volonté affichée des organisateurs d’en découdre. En l’autorisant, le risque était grand de voir d’éventuels casseurs se fondre dans un défilé sans parvenir à les maîtriser.
En période électorale, le gouvernement a écouté la voix de la police qui préfère gérer l’interdiction. L’Exécutif en a même profité pour signer une paix des braves en promettant aux forces de l’ordre le versement d’une indemnité très attendue.
L’année des hannetons a incité le Conseil d’Etat à jouer la carte sécuritaire sans états d’âme démocratiques. Face à un mouvement anticapitaliste désorganisé, divisé et sans véritable relais au sein d’une partie de la population genevoise, les magistrats ont opté pour la prudence et la sécurité, à commencer par la leur. Le souvenir des manifestations de 2003 contre le G8 a incontestablement laissé des traces, même si la comparaison n’est absolument pas de mise.
Une attitude judicieuse? Aujourd’hui, la menace est tout aussi grande de voir des manifestants braver l’injonction gouvernementale et déferler dans les Rues-Basses. Leurs sentiments anti-WEF exacerbés et encore plus hostiles.