Comparaison n’est pas raison. Mais ces jours, il y a des similitudes troublantes entre l’Italie de Berlusconi et la France de Sarkozy. En effet, les deux hommes forts qui dirigent leur pays sans trop se soucier des institutions et des convenances sont en passe d’enregistrer un sérieux revers lors d’élections régionales.
Si le Français sera fixé dès demain soir sur l’ampleur du désamour de son électorat, l’Italien devra attendre les 28 et 29 mars prochains pour connaître le niveau d’abstention de ses partisans.
L’abstention, ou «syndrome français», comme l’ont baptisé les journaux italiens. Voilà le mal qui ronge les droites hexagonale et transalpine en ce début de printemps 2010.
C’est que, d’un côté comme de l’autre des Alpes, l’électorat conservateur n’a pas trouvé d’autre moyen pour exprimer son désaccord avec la politique menée par ses dirigeants.
En Italie, les frasques et les scandales du président du Conseil et de son entourage commencent à fatiguer même ses plus fervents partisans. En France, l’échec de la politique économique du gouvernement et de son «travailler plus pour gagner plus» ainsi que le malaise suscité par «l’ouverture» à gauche ont brouillé les pistes et fait fondre le consensus dont jouissait jusqu’ici la majorité présidentielle.
Du coup, et si le désamour envers Sarkozy n’a pas exactement les mêmes causes que celui qui frappe Berlusconi, le résultat est le même: la gauche en profite, bien au-delà de ses espoirs les plus fous. Au niveau régional, en tout cas.
Reste évidemment une interrogation essentielle: la claque que va se prendre Nicolas Sarkozy aux régionales et les déconvenues de Silvio Berlusconi sont-elles le prélude à un déclin au niveau national?