Chez les gorilles, les luttes entre mâles donnent toujours lieu à des scènes impressionnantes. Mais la violence y est uniquement gesticulatoire. Il y aurait beaucoup trop à perdre à porter les coups.
Est-ce à cela que l’on assiste entre la Suisse et les Etats-Unis? Peut-être. On montre les crocs, on gonfle le torse, on crie à tort et à travers. Mais veut-on vraiment en venir aux mains et aux éventuelles conséquences fatales?
UBS s’est fait prendre la main dans le sac. Elle a déjà perdu. En juillet 2008, la banque annonçait l’arrêt de toute activité offshore pour le compte de clients américains.
Depuis, elle n’a eu de cesse de contraindre ces derniers à se mettre en conformité avec leurs autorités fiscales.
De l’autre côté de l’Atlantique, les autorités ont réussi leur coup. Moins en faisant plier la première banque suisse qu’en fichant une peur mémorable à ceux de leurs contribuables qui s’étaient crus suffisamment malins pour échapper à leur devoir fiscal. Les clients américains d’UBS rejoignent en masse le programme d’amnistie mis en place par l’Internal Revenue Service, lequel prend fin le 23 septembre.
D’ici là, les Etats-Unis n’ont aucun intérêt à faire redescendre la pression, histoire de convaincre les brebis galeuses récalcitrantes. De là à vouloir rayer UBS de la carte américaine… La Suisse, elle, résiste et renchérit, peut-être avant tout pour montrer qu’elle est un adversaire valeureux malgré le handicap évident de sa taille.
Bref, on risque de montrer les dents quelque temps encore. Mais au final, espérons-le, chacun retournera dans son coin, le vainqueur comme le vaincu. UBS aura plié, sans doute après avoir lâché quelques milliards de francs supplémentaires. Mais avec la satisfaction d’avoir évité une morsure fatale.