Avec l’automne, le groupe genevois Aloan sort un nouvel album, le troisième, délicatement intitulé «Pretty Freaks» (CD Swiss Arthur Prod/Musikvertrieb). Du groupe fondé il y a dix ans par le batteur Alain Frey- «Alain», alias «Al1», alias «Al One»…-on connaissait déjà, et plutôt en bien, les compositions maison nourries à l’aune du trip hop. En 2009, le groupe entame un virage résolument porté vers une pop plus mainstream. La frappe et le glamour en prime.
Avec le disque, les concerts suivent. Restait à débusquer le groupe en «coulisses». Pour vernir la chose, Aloan investi l’Usine, le temps d’un gros raout vitaminé, le jeudi 15 octobre. Rendez-vous a donc été pris le samedi précédent, dans la zone industrielle de la Praille.
13 h 00. Sous-sol. Du local de répétition au parking attenant, les musiciens transbahutent le matériel: batterie démontée (une demie heure montre en main, déjà fait la veille); cymbales dans leurs boîtes capitonnées; amplificateurs de tous acabits. Le pianiste Alex embarque dorénavant un synthétiseur de la marque Nord. Un détail? «C’est moins lourd. Et ça fait à peu près tous les sons.» En voiture, direction le Moulin à Danse, où le groupe fait son vernissage en privé. Soit trente minutes de concert prévues pour 21h le même soir.
15 h 00. Retapé de fraîche date, la salle du MàD, rue du Stand, accueille le groupe accompagné de son ingénieur du son. «Léon, poète du son!», hurle l’intéressé. L’ingénieur du son, c’est, en effet, l’essence même d’un groupe de musique usant de l’amplification. A lui le mot de la fin. Et les emmerdements. Ce mec est indispensable, tout comme le «technart», cet autre mec invariablement effacé, qui branche les câbles au bon endroit et répond aux demandes les plus folles du groupe. Une petite table? OK…
15 h 30. David Granite, rappeur à la voix extra-grave (un must) teste son micro. Coupe en pétard, barbiche de hard rocker teuton: un air de seventies. Tout comme le gin de la veille, rétorque l’intéressé.
16 h 00. Fin du soundcheck. Derniers réglages sonores. Pur la déco, le groupe a amené une bâche de cinq mètres de haut. Le motif, une femme multi bras, sorte de Shiva technoïde. «La deuxième fille du groupe», selon Lyn M, chanteuse.
16 h 30. Hop, hop, hop. On file à la Fnac, séance de signature. Le groupe craignait un désert total. Opération totalement marketing, et plutôt positive au final.
20 h. Le groupe est de retour au MàD. Pour leur vernissage, il y a foule. Amis, familles, quelques journalistes… Minisoupes de courge sur le buffet, gazon en déco et musique d’ambiance. On attend. Le groupe attend. Encore une bise, une dernière clope. Réunis dans la loge au premier étage du MàD, les six membres d’Aloan soufflent un dernier coup, s’engagent dans l’escalier pour rejoindre le rez. C’est parti. Applaudissements. Musique.
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