MARCHÉ DE L’ART

La vente Fabius commence mercredi. Fin d’une dynastie

Par AP le 25.10.2011 à 18:10

Sotheby’s proposera le 26 et le 27 octobre à Paris 400 lots. Ils révèlent avant tout une passion pour la fin du XIXe siècle.

La vente était annoncée depuis des mois. Temps fort des enchères de l’automne, la dispersion de la collection Fabius Frères, organisée mercredi 24 et jeudi 25 octobre chez Sotheby’s, sonnera la fin d’une épopée pour cette dynastie d’antiquaires parisiens. L’histoire aura couvert quatre générations.

Les 400 pièces mises à l’encan par Sotheby’s en collaboration avec Piasa racontent cette longue histoire. Elle a été initiée par Elie Fabius. Fondateur d’une galerie d’art installée à Paris en 1882, l’homme est devenu rapidement un acteur majeur du marché de l’art jusqu’en 1942.

Le marchand et le premier ministre

Un amour de l’art, et plus particulièrement de celui de la fin XIXe. Il l’a transmis à ses fils André, Pierre et Fernand. Ces derniers sont à l’origine de l’appellation «Fabius Frères» et de la galerie portant leur nom, installée boulevard Haussmann à Paris. Fils d’André et frère de l’homme politique Laurent Fabius, François, un cavalier émérite et champion de France d’équitation toutes catégories en 1962, avait repris les rênes de la galerie d’antiquités en 1972. Un cancer en a eu raison de lui en août 2006.

«Dans la vie de tous les collectionneurs, il arrive ce moment où les descendants n’ont plus envie de poursuivre une œuvre», a expliqué à l’Associated Press Alain Cadiou, président de Piasa, en référence au travail de sauvegarde effectué depuis 2006 par Armelle Fabius, veuve de François, pour maintenir à niveau la prestigieuse collection.

Des pièces irréprochables

Cela n’ôte en revanche rien à la qualité des œuvres mises à l’encan mercredi et jeudi. Bien au contraire. Chefs-d’œuvre de la sculpture et de la virtuosité de Jean-Baptiste Carpeaux, le marbre «Daphnis et Chloé», à la fraîcheur mêlée de sensualité, devrait facilement trouver preneur entre 1 et 1,5 million d’euros.

«La plupart de ces pipces se révèlent muséales tant par le fait qu’on en trouve l’origine et l’historique jusque dans les ateliers des artistes concernés que par celui qu’elles sont dans un état de conservation exceptionnel», confie Ulrike Götz, responsable du département sculptures et objets d’art chez Sotheby’s.