Domenico est un père de famille marié et Anna vit en principe heureuse entre son partenaire, ses amis et son boulot. Mais les deux succombent à une passion aussi soudaine que dévorante, avec tout ce qui peut l’exacerber ou la détruire. Mensonges, trahisons, rencontres furtives et frustrantes, rendez-vous clandestins dans un hôtel de passe. Sans oublier le tiraillement entre leurs responsabilités respectives et la volonté d’aller jusqu’au bout d’une situation à la fois exaltante et stressante, mais surtout inconnue jusqu’alors.
De passage à Genève, Silvio Soldini nous parle de ce nouveau long-métrage «Cosa voglio di piu» né suite aux excellentes réactions provoquées par le précédent «Giorni e Nuvole», où il racontait le combat d’un couple face au chômage. «On me poussait à retourner quelque chose de proche de la réalité et j’ai alors cherché à la regarder différemment.»
Mais comment en êtes-vous arrivé à ce sujet brûlant?
J’ai rencontré une amie qui m’a parlé de ce moment de sa vie. Elle avait un amant, se sentait très amoureuse, mais aussi angoissée. Elle n’avait jamais vécu ça et ne savait pas trop quoi faire. Tout ça a commencé à tourner dans ma tête et j’ai alors écrit un scénario avec Doriana Leondeff et Angelo Carbone . C’était la première fois que je partais d’une vraie histoire.
Dans « Cosa voglio di piu », il y a la passion, bien sûr, mais également l’inégalité sociale dans la possibilité de la vivre, en raison du manque d’argent, de temps, de lieu pour s’aimer.
C’est vrai. C’est aussi ce que cette amie m’avait dit. Ils n’avaient pas le temps de se voir et en un an et demi, ils n’ont couché qu’une seule fois ensemble. Donc j’ai voulu continuer le discours sur la crise que j’avais entamé dans «Giorni e Nuvole», notamment quand on a du mal à nouer les deux bouts. Par exemple, j’ai regardé le prix des mortels sur Internet. J’en ai découvert beaucoup autour de Milan. Mais ce n’est vraiment pas aisé d’y entrer. On a même eu du mal à filmer juste à l’extérieur.
Puisqu’on parle de tournage, pourquoi Milan ? Une envie de revenir dans votre ville natale ?
Oui, il y avait de ça. C’était même la première fois depuis 1993. Mais surtout, j’avais besoin d’une ville importante, avec une grande banlieue, des centres commerciaux
Vous êtes assez proche du documentaire dans votre manière de filmer. En tant que spectateur, on a vraiment l’impression d’être à côté des personnages.
J’ai en effet essayé de raconter les choses comme si elles se déroulaient à l’instant devant la caméra. Je ne voulais pas qu’on voie la mise en scène.
Un mot sur les acteurs, principalement Anna Rohrwacher et Pierrancesco favino, les deux héros ?
Le moteur c’est Anna et Alba n’était pas tout à fait conforme à l’idée que je me faisais de cette jeune femme de 30 ans forte et sensuelle. Mais si je l’ai finalement choisie c’est elle qui en est responsable. Elle voulait absolument le rôle. Quant à Pierfrancesco Favino, c’était évident, tant ça a immédiatement collé entre nous.
Quand on s’était vu, il y a deux ans, vous pensiez très fortement à une comédie. Qu’en est-il de ce projet ?
En bonne voie, même si je me suis laissé distraire de mon objectif! Il s’agit d’un film un peu fantastique, onirique. Il évoque également la réalité, mais avec un autre regard, un autre point de vue.