Des larmes d’émotion à la sortie pour cette fan de la première heure qui n’avait jamais vu Véronique Sanson sur scène. Un billet offert par sa fille pour la Fête des mères. Un spectacle éblouissant et à la fin du concert une rencontre inattendue. Furtive mais bouleversante. Depuis plus de quarante ans, celle qui fut l’égérie de Michel Berger a toujours beaucoup donné à son public.
Sur la scène de l’Aréna, samedi, après s’être fait désirer pendant plus de 30?minutes, elle a offert un spectacle généreux à des milliers de fidèles. Des gradins pris d’assaut par une grande majorité de quadras, venus applaudir sur scène celle dont ils connaissent le répertoire par cœur. Aux premières notes, des dizaines d’inconditionnels s’agglutinent devant la scène. Les autres chaloupent sur les chaises qu’ils enverraient volontiers valser.
A ceux qui craignaient un rendez-vous manqué, Véronique Sanson répond par plus de deux heures, d’un répertoire visité avec une énergie retrouvée. Outre quelques aigus, perdus avec les années, les fidèles retrouvent la voix et ses ondulations habituelles. Accompagnée par dix musiciens et choristes polyvalents, elle berce le public de salsa, bossa-nova et blues-rock, avant de reprends quelques-uns de ses plus grands succès, Amoureuse, Vancouver, Bahía ou encore Sans regrets. Au fil du concert, les gens se trémoussent puis se lèvent pour danser. Sans complexe. La salle chauffe. Après trois rappels, Véro revient pour trois pianos solos, repris par l’ensemble d’une salle conquise.
La complicité s’installe avec le public à qui elle demande si elle a l’air maniaco dépressive. Elle rit! Comme elle a toujours fait la nique à ce passé troublé qu’elle chante sans complexe. Des bouts de vie qu’elle continue de partager avec un public qui, samedi, le lui a bien rendu. «Je suis totalement réconciliée avec Véronique Sanson, lâche Nathalie à la sortie. J’adore et j’écoute sa musique depuis 20?ans, mais j’ai été plusieurs fois déçue à ses concerts. Là, ce soir c’était magique.»
En première partie, Le jeune auteur-compositeur Michaël Hernandez a prouvé, (était-ce nécessaire?), que la chanson française n’est pas encore morte. Mais l’assemblée, impatiente de voir son idole, est restée de marbre, ne lâchant que quelques applaudissements, très mous.