N’y allons pas par quatre chemins. Infréquentable, le dernier album de Bénabar, n’est pas des plus accueillants. Son concert à l’Arena mercredi soir, en revanche, était du meilleur tonneau. Les 7000?personnes venues écouter ses ritournelles douces amères ne s’y sont pas trompées: l’homme est un monstre de charisme. Et ses musiciens, sections de cuivres, violon et guitares tour à tour reggae, funk ou guinguette bucolique, gèrent la scène avec autant d’énergie que le «leader du groupe». Alors? Retour de flamme d’une gloire pas si vieille (cinq ans depuis l’énorme succès des Risques du métier)? Si Bénabar tient son public dans le creux de sa main («Genève est la ville que je préfère. D’ailleurs, j’ai appelé mon fils Genève!»), c’est qu’il a de la bouteille, le garçon. Surtout, cette infatigable bête de scène n’attend pas les bis pour balancer un festif Y a une fille qu’habite chez moi. Bénabar, c’était mieux avant? Pas lui qui vous dira le contraire. Là dessus, une douce et fraîche nostalgie se glisse dans nos oreilles.