Le design est devenu un genre majeur. Quand il est devenu «vintage», il peut prétendre à d’énormes prix en vente publique. Mais qu’est-ce qui le distingue encore de ce que nul n’ose plus appeler «le grand art»?
C’est la question que pose, au Mudac de Lausanne, l’actuelle exposition «Destroy Design». Directrice de l’institution vaudoise, Chantal Prod’Hom a emprunté une partie des collections du FRAC (Fonds régional d’art contemporain) de la région Nord-Pas de Calais. Elle peut ainsi l’installer dans ce qui constitue en principe (mais toujours en réalité) un musée voué aux arts décoratifs.
Sur deux étages se voient ainsi proposées des œuvres se situant, si l’on ose dire, entre deux chaises. Certains des exposants naviguent entre les genres, comme Gaetano Pesce. D’autres se veulent ouvertement plasticiens, à l’instar de l’Américain Christopher Wool ou des Genevois John Armleder et Sylvie Fleury.
Que font ces derniers? Eh bien, ils tordent le coup au genre! Sylvie réinvente une chambre de motel. John crée des «furniture sculptures». Tout se situe dans le décalage. Un décalage qu’explique à chaque fois, dans une vidéo, Chantal Prod’Hom ou l’un de ses assistantes. La démonstration se révèle toujours bien faite, mais elle tient un peu de la posologie. L’œuvre tiendrait-elle toute seule?
A la fois intéressante et irritante, l’exposition se révèle utile dans le cadre de l’art contemporain, dont la présentation en gloire semble constituer le but secret du musée. A voir, pour changer une fois du Mamco genevois.
Mudac, 6, place de la Cathédrale, Lausanne, jusqu’au 24 mai. Tél. 021?315?20?30, site www.mudac.ch Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h