Claude Laydu est mort à 84?ans. Pour les téléspectateurs ayant eu dix ans il y a bien longtemps, l’acteur restait l’auteur et le producteur de la série télévisée «Bonne nuit, les petits». Cette dernière était apparue sur l’ORTF en 1962. Elle avait continué sa route jusqu’en 1973, totalisant 568?épisodes. Il y aura des suites en 1976, puis en 1995. Gros Nounours, conduit sur un nuage par Ulysse, le marchand de sable, aura eu la vie dure. Les enfants moins. A P’tit Louis et Mirabelle ont succédé, dès 1963, Nicolas et Pimprenelle.
Claude Laydu et son épouse Christine avaient créé en 1962 cette émission propre et gentille. Il s’agissait d’inciter les bambins, encore sages en ce temps-là, à se mettre au lit. Ce programme de cinq minutes, diffusé le soir sur l’unique chaîne de l’ORTF, était devenu le rendez-vous quotidien des enfants qui attendaient leur marchand de sable, doté de la voix de Claude Laydu. Diffusée en noir et blanc à ses débuts, la série s’était colorisée en 1976. Une date plutôt tardive.
Un classique du cinéma
Dans une vie antérieure, Laydu avait été un vrai comédien. C’est lui que Robert Bresson avait choisi pour incarner en 1950 le protagoniste du «Journal d’un curé de campagne», tiré par le réalisateur de Georges Bernanos (le roman date de 1936). Laydu incarnait un prêtre ravagé par le cancer, que le manque de foi de ses paroissiens achevait de décourager. Le film avait eu un énorme succès d’estime, qui en a fait un classique. Comme la plupart des acteurs retenus par Bresson, Laydu n’avait cependant jamais percé à l’écran.