Ce n’est plus un temple. Il s’agit bien d’un puzzle. Modèle géant pour adultes. Des archéologues ont ainsi repéré «des fragments du Parthénon perdus», a annoncé jeudi la directrice de la restauration du site. Ils avaient été réutilisés pour réparer les murailles de l’Acropole, le sanctuaire qui domine Athènes. Le phénomène n’offre rien d’étonnant. Une grande partie des marbres d’Ephèse ou d’Halicarnasse a été «sauvée» ainsi.
«Ces éléments architecturaux du temple dédié à Athéna, déesse tutélaire de la cité, ont été repérés grâce à des prises de vue à la verticale des murailles de l’Acropole, hautes de vingt mètres en utilisant un ballon météo bricolé», a expliqué Mary Ioannidou. «On savait depuis longtemps que des éléments du Parthénon et d’autres monuments avaient été inclus dans les fortifications.» Quelle est alors la nouveauté? «Personne ne savait combien il y en avait. Maintenant, nous les avons presque à portée de main.»
Explosion à la fin du XVIIe siècle
Il n’y aurait pas là que des pierres anonymes. Certaines pourraient constituer une partie des «métopes», qui ornaient les murs du temple richement décoré sous la direction de Phidias. Certains de ces reliefs restent en effet portés manquants. Les autres se trouvent, on le sait, à Athènes, Londres et Paris.
ll semble que ces marbres aient été récupérés au XVIIIe siècle comme matériaux pour réparer les murailles de l’Acropole. Rappelons qu’à la fin du XVIIe siècle, une explosion, causée par des tirs vénitiens, avait fait s’écrouler brutalement des structures vieilles de vingt-deux siècles. Le Parthénon avait alors été transformé en arsenal ottoman.