Alors que «La guerre des boutons» fait rage, puisque sortent sur les écrans non pas une mais, deux adaptations du roman de Louis Pergaud, Martin Lartigue est devenu peintre. Mais qui est Martin? L’enfant qui incarna petit Gibus en 1961. A 59?ans, il a depuis longtemps quitté les plateaux de cinéma pour vivre à Sore, un paisible village landais.
A quelques jours de l’anniversaire du tournage du film, l’interprète de la réplique «si j’aurais su, j’aurais pas venu» s’apprête à mettre le cap vers l’Eure-et-Loir, où le film a été tourné en septembre et octobre 1961. Ce sera l’occasion d’exposer, pendant un mois, une cinquantaine de ses œuvres au château de Maintenon. Mais l’homme pourra aussi célébrer, le 24 septembre, l’anniversaire du film dans le village voisin de Bailleau-Armenonville, dont les rues et l’école ont servi de décor à Yves Robert.
Un bon souvenir
«Cela va être à la fois sympa et très émouvant», espère le fils du peintre Dany Lartigue et petit-fils du célèbre photographe Jacques-Henri Lartigue (1), enthousiaste à l’idée de passer une journée avec ceux qui ont tourné avec lui. Ce film reste «un très bon souvenir qui a marqué sa vie». «On le prenait très à cœur, l’histoire et le tournage étaient passionnants, même si c’était sérieux.»
Réservé, ce quinquagénaire au visage marqué par les épreuves de la vie, livre cependant quelques anecdotes dans sa modeste maison nichée au cœur de la forêt landaise. «Pendant deux mois, je suis resté avec mon frère François, qui jouait Grand Gibus, à Bailleau-Armenonville. C’était comme une colonie de vacances. Des jeunes s’occupaient de nous. On dormait sous une tente et on se lavait à la rivière.» Martin Lartigue a conservé au fil de ses déménagements la chemise, le béret et la fronde qui ont servi pour le tournage.
Scolarité en dent de scie
«Au départ, je ne devais pas avoir autant d’importance dans le film. Mais Yves Robert, qui était le beau-frère de mon père, en a rajouté. J’étais turbulent et marrant. C’est plus tard que je suis devenu timide.» Mais très vite après la sortie du film, qui a rencontré un immense succès populaire, le jeune garçon est devenu une «star». «J’ai pas voulu que cela change les choses pour moi, mais comme j’ai enchaîné d’autres tournages, comme «Bébert et l’omnibus», j’ai eu une scolarité en dents de scie. Du coup je pouvais pas faire autre chose que devenir artiste.»
A 15?ans, Martin Lartigue quitte le système scolaire pour faire une école de mime. «Au départ, je ne voulais pas être peintre, car je me disais que mon père l’avait très bien fait alors je me suis tourné vers le métier d’acteur». Il jouera aux côtés de Romy Schneider, Jean Richard et Michel Serrault. Puis, vers 25?ans, «la peinture a pris le dessus.» L’artiste part s’installer dans les Cévennes avant de s’établir, il y a dix-huit ans, dans les Landes où il produit une œuvre qui va de la sculpture à des tableaux très colorés.
L’artiste n’a cependant pas perdu l’impertinence de ses jeunes années. «J’attends qu’on m’envoie les DVD des deux films qui sortent ce mois-ci. Je les regarderai avec des copains. Ils sont peut-être bien.»
(1) Le photographe restait à l’époque complètement inconnu.