Ils sont 150 élèves du Conservatoire de musique de Genève à se préparer pour le concours annuel. Cette année, le concours sera dédié à Joseph Haydn, en commémoration du 200e?anniversaire de sa disparition, et se déroulera les 24, 25 et 26 février, toute la journée à la rue Petitot.
Ce projet vise à fédérer les élèves de tous niveaux, de 7 à 21?ans, autour d’un thème et d’une époque. Ils seront répartis en quatre catégories de différents niveaux.
Pour chacun, l’audition durera sept minutes avec deux pièces à interpréter, un Menuet imposé et un mouvement de Sonate de leur choix. Ils joueront devant un jury, composé du pianiste viennois Paul Badura-Skoda, de trois professeurs et du doyen, Adrian Kreda.
Honneur et motivation d’un accueil prestigieux
«C’est un grand honneur pour le Conservatoire de recevoir Paul Badura-Skoda et pour les élèves c’est évidemment une motivation supplémentaire de jouer devant cet immense artiste.» déclare Eva Aroutunian, qui se réjouit du nombre de participants, deux fois plus élevé que l’année précédente.
«Le but des concours est d’approfondir une partition et de découvrir un répertoire, celui de Haydn étant souvent délaissé au profit de ses contemporains, explique Adrian Kreda. Paul Badura-Skoda, pianiste de renom, a redonné à cette musique la place qu’elle mérite en enregistrant sur instruments d’époque et en clarifiant la lecture des partitions de Haydn.»
«C’est un véritable défi que les élèves ont à relever cette année car le répertoire de Haydn est peu connu et ses partitions sont difficiles à interpréter, poursuit-il. Cette musique laisse donc de l’espace à la personnalité des élèves qui sont d’une certaine façon, libres du choix de leur interprétation et devront montrer leur caractère.»
«Dès lors, ce concours est aussi une reconnaissance pour signaler et récompenser les plus motivés, qui recevront un prix. Mais tout le monde recevra un certificat de participation», rassure Adrian Kreda.
Simon Boccadoro, 17?ans, participera pour la troisième fois à un concours de piano avec le Conservatoire. «Ces épreuves sont une chance car nous sommes confrontés à un public et nous apprenons à être plus à l’aise face à lui. En concert, il est toujours difficile de gérer son trac.
Haydn est assez difficile à interpréter et je dois vraiment faire attention au tempo, mais j’ai beaucoup travaillé, avec l’aide et le soutien de mon professeur, et je suis impatient de montrer ce dont je suis capable», se réjouit-il.
Gabriella Cabre, 12?ans, a déjà joué lors du concours Grieg l’année passée. «J’avais reçu le troisième prix, un livre sur la vie de Grieg, avec un diplôme. Bien sur, cela me ferait plaisir d’en recevoir un cette année encore, mais ce n’est pas le plus important. Comme nous l’a dit Monsieur Kreda, cela arrive qu’il y ait des jours où l’on joue moins bien que d’autres et il ne faudra pas que je sois déçue si c’est le cas. Mais j’ai beaucoup travaillé pour me préparer!» raconte-t-elle.
Comme un grand nombre de ses camarades, Ishak Lubbe, 15?ans, ne connaissait pas Paul Badura-Skoda. «S’il est connu et qu’il est là, c’est bien. Mais ce n’est pas pour lui que je me suis inscrit! Je me prépare depuis le mois d’octobre mais l’investissement n’était pas trop lourd et il en vaut la peine», dit-il.
Paul Badura-Skoda offrira un récital dédié à Haydn le 28 février ainsi qu’une conférence, «L’ornementation du jeu à l’époque de Haydn» le 27 février dans la grande salle de la place Neuve. Les lauréats de chaque catégorie se produiront pour un dernier concert le 1er mars.