Ainsi va la vie des stars. Vous montez sur scène pour descendre à coups de crachoir bien pendu les puritains, le paternalisme et bien d’autres postures avariées. Pas de bol, le tube du mois est pour votre pomme. Les canards people adorent, ils vous offrent même une promotion: faire la grosse vache qui rue dans les brancards.
Courtisée, pistée, montée en épingle, la chanteuse de Gossip semble sur le point de capituler. Dernier exemple en date il y a deux semaines, lorsque la dame lance sa propre ligne de vêtements. Taille extralarge de rigueur. Beth Ditto «pense à celles qui, comme elle, assument leurs rondeurs», assure le relevé des nombreux sites Web consacrés à ce genre d’affaire.
Ronde. Pour ne pas dire grosse. Beth Ditto dit assumer. On la croit. Encore faudra-t-il lui demander personnellement. Mais pour l’heure, l’incompressible et dynamique vedette du trio nord-américain s’est barricadée derrière un «niet» général. Pas d’interview. Ni avant, ni pendant, ni après Paléo où le trio nord-américain se produit ce mardi en ouverture de la 34e?édition.
Homo, rockeuse et fière
La dame se refuse à tout commentaire? Son charisme parle pour elle. Fondé en 1999, actuellement établi dans l’Oregon, le trio, formé à l’origine avec la batteuse Kathy Mendonca, partie depuis assouvir une carrière de sage-femme, sort son premier album deux ans plus tard. That’s Not What I Heard, c’est son titre, proposait un garage rock assez sale dans les contours pour enthousiasmer les amateurs de punk rock.
La suite ne sera pas forcément du même tonneau. En 2006, l’excellent Fire With Fire comme le plus consensuel Standing In The Way of Control, un single tout de même, manient les prises de position en faveur des communautés gay et lesbienne, sans omettre au passage de presser le rock’n’roll jusqu’à en faire une mixture jouissive. Gossip n’a pas oublié la leçon du grunge. Trois ans auparavant du reste, tout était déjà en place avec Don’t (Make Waves).
Tous des titres évocateurs d’un esprit plus rigolard que chagrin, quand bien même il s’agit de ne pas se faire marcher dessus par une attitude qui a la vie dure, le politiquement correct.
Héritière du «riot grrrl»
Suite et fin provisoire: un quatrième album généreux mais beaucoup plus ripoliné que ses aînés, Music For Men. La voix aiguë de Beth Ditto fait désormais recette. Revendiquant haut et fort son homosexualité, cette héritière du rock féministe des «riot grrrls» peut bien continuer à servir un discours contestataire. Mais doucement, s’il vous plaît, les enfants écoutent.
Les «mauvais» Gossip sont-ils déjà foutus? Réponses diverses selon qu’on s’attache au style musical (allégé) ou au personnage de sa chanteuse. A cet d’égard, on ne manquera pas de rappeler dans un soupir de soulagement comment Beth Ditto a su refuser toute interview en vue du concert à Paléo…
Paléo, mardi 21 juillet, Grande Scène, 18?h?30.