Leurs dégaines glamour ornent tous les étalages des magasins de disques. A Bâle, Berne et Zurich, les Stevans, trois gaillards profilés pour plaire aux «ados de 5 à 50?ans», cartonnent. Les télévisions et radios helvétiques leur déroulent le tapis rouge, comme MTV Suisse et l’émission de la TSR Musicomax, samedi dernier.
Leur single Vodka Redgirls, un titre disco rock dans la droite ligne de Franz Ferdinand, s’est hissé dans le dernier carré des hit-parades: 13e au niveau romand, 60e au niveau national. Ce qui signifieq que ce trio de brit pop genevois bon teint entame une montée qui pourrait le mener assez loin. Voire plus loin encore… Leur ambition: devenir le plus gros groupe romand.
Jamais sans mon manager
Les Stevans n’en sont pas à leur coup d’essai. En 2007, le groupe a tenté l’Angleterre. Raté. Trop de concurrence. C’est donc avec un tout autre plan de carrière qu’Yvan Franel (chant, guitare, clavier), Bruno Tancredi (basse) et John Chirico (batterie) lancent en 2010 leur nouveau disque.
L’album Fake bénéficie tout d’abord d’un gros label suisse, Muve, lequel a fait de Stevans une «priorité nationale». Traduction: près de 4000 exemplaires en vente et la mise en place d’un important appareil de promotion.
Un joli coup que les Stevans doivent à leur manager, Claude Baumann. Sans lui, on a beau être motivé, autant courir derrière une chimère. Voici comment il travaille: «Pour décoller à l’étranger – c’est notre ambition – il faut d’abord gagner l’ensemble du marché suisse. C’est faux de croire qu’un groupe peut émerger du jour au lendemain sans passer par cette étape. A moins, comme Polar ou Stephan Eicher, de commencer à Paris.»
Le marché français, pourquoi ne pas l’attaquer de suite? «Problème de quotas imposés par les radios françaises, relève Claude Baumann. Si vous chantez en anglais et êtes étranger, comme Stevans, pour entrer en France il faut déjà être connu!» Priorité a donc été donnée à la Suisse alémanique. Avec un plan de marche en béton.
Radio, ô ma radio!
Faire parvenir le single aux programmateurs musicaux des radios, telle est la gageure numéro un du manager. Mettre le grappin sur les bonnes personnes, les convaincre, est affaire de réseau. Claude Baumann connaît la musique, lui qui a travaillé pour le Vernier sur Rock et la TSR.
Le programmateur testera le titre, recueillera les avis de ses collègues. Les Stevans ont pour eux une qualité essentielle, ils sont radiophoniquement corrects. De rotation basse – peu de passages à l’antenne – le titre grimpe en rotation haute. «Les gens ont la musique de Stevans en tête, se réjouit Claude Baumann. Le groupe doit maintenant parler à son public. Qu’on voie leurs têtes, qu’on entende leurs voix!»
Nouvel obstacle, la langue. Les Stevans ne parlent pas le suisse allemand. Pour les interviews, on fait du différé, qui sera traduit. «Le français nous confère un quelque chose d’exotique», constate Yvan, le chanteur. Autre avantage de Stevans, le producteur de son album. L’Anglais Will Jackson a produit Kaiser Chiefs. Il est connu. Son nom parle aux professionnels d’outre-Sarine et de l’étranger.
La suite? La durée de vie d’une chanson sur les ondes radio est de quatre mois. Court. Mais l’effort vaut son pesant de cacahuètes. Les festivals suisses alémaniques ont approché le groupe. Jouer sur place permettra de capter de nouveaux auditeurs.
Enfin, quand la base helvétique sera consolidée – si elle l’est – Claude Baumann dès l’automne proposera Stevans sur les marchés d’Angleterre, d’Allemagne et du Benelux.
Stevans, «Fake», CD Muve. Concert vernissage à l’Usine, ve 5 fév dès 21?h, avec les Rebans.