Et c’est reparti pour un tour! Après une édition 2007 qualifiée de «faible» par Manuel Tornare, maire de cette bonne ville, Arbres et Lumières doit apporter un peu de joie jusqu’au 4 janvier. Douze lieux ont été revisités par des plasticiens choisis par Daniel Galley. «Nous avons recentré le festival (ndlr: puisque festival il y a lieu) sur la rade», précise cependant notre édile. Deux éléments frappent à la seule lecture du programme. D’abord les artistes sont importés, comme s’il n’en existait pas à Genève. Ils viennent du reste de la Suisse, de Belgique et surtout de France. Le lien avec la Fête des Lumières, qui triomphe depuis quelques années à Lyon, se révèle ainsi très fort. Genève ne serait-il pas devenu la succursale, pour ne pas dire le strapontin, de cette fête française?
Non, répondront les responsables d’Arbres et Lumières. Ils se targuent en effet d’un succès international, «qui vient de se concrétiser au Luxembourg». En plus, notre festivité est écologique, puisqu’elle ne coupe pas d’arbres, et elle se préoccupe d’énergie. Autant dire qu’on atteint quasiment la sainteté. Comme toujours, les réussites apparaissent inégales. Les silhouettes suspendues dans l’air par Rémi Polack, place des Bergues, sont magnifiques. L’habil-lage par Mourka Glogowski, promenade du Lac, de branches par des milliers de grelots dorés a de quoi séduire. Les tourniquets rouges disposés par Leslie Labonne, place Neuve, attirent le regard même la journée. D’autres tentatives laissent plus perplexes. Les 365 mètres de Q-tips (Q-Tips géants, cela va sans dire) d’Eric Barray, au quai Wilson, font grincer des dents. Les bouteilles de plastique écrasées par Gaële Braun, square Pierre-Fatio, qui «scénarisent» (je n’invente rien!) les arbres, appellent d’urgence la poubelle. Mais si vous n’aimez pas, peu importe! C’est promis. Genève aura ce Noël d’autres décorations, plus classiques, placées sous la responsabilité de Pierre Maudet. Ce sera radical!