On regarde à droite, on regarde à gauche. Rien. Devant le Stade de Genève, après la tempête du Mondial, le calme est revenu. On se faufile par une porte restée ouverte, le terrain est désert. Rien ne laisse présager le concert de Prince qui devrait avoir lieu vendredi. Et pourtant, un show de cette ampleur nécessiterait six jours au moins pour la couverture de la pelouse et le montage des infrastructures (scène, rampes d’éclairage et de son, etc.). Les trois seuls ouvriers attelés à monter quelques barrières, lundi, disent ne pas avoir reçu d’ordre particulier au sujet de la manifestation. L’un d’eux n’a même pas entendu parler du concert.
Imbroglio insensé!
Face à ce désert, on s’interroge. On passe quelques coups de téléphone. Et on met le doigt sur un gigantesque imbroglio du côté de l’organisation! Contactée en début d’après-midi, la Fondation du Stade, qui gère les lieux, est formelle: elle n’a reçu aucune nouvelle des responsables du show.
Daniel S. Quarcoopome, organisateur de l’événement, inconnu à Genève dans le milieu du spectacle, est peu prolixe. Il nie formellement l’annulation du concert et fait mine de ne pas comprendre l’origine de la question. Il nous renvoie à Claude Baumann, du cabinet B4, qu’il affirme être chargé de la communication de l’événement.
Vraisemblablement, Claude Baumann s’est retrouvé pris dans un fonctionnement plus que bancal car, au téléphone, quelques minutes plus tard, il est étonné. Et le mot est faible: il assure ne pas avoir «repris de mandat officiellement à ce jour. Je suis en attente des mêmes réponses que vous», sourit-il.
L’information a visiblement mal circulé. Frédéric Hohl, le promoteur en charge du concert, initialement prévu le 12?juillet pour clore les festivités du Mondial, confirme ne plus rien avoir à faire dans cette histoire. Un détail non négligeable qui semble pourtant échapper à Daniel Quarcoopome…
Entre-temps, chez Resaplus, en charge de la billetterie, rien ne paraît suspect; les tickets continuent à se vendre normalement. Il nous est cependant impossible de connaître le nombre de billets vendus.
Décision dans la nuit
Après un match de ping-pong invraisemblable entre les différentes parties, on apprend que la question de l’annulation du concert n’est plus aussi absurde qu’en début de journée! Une décision sera prise dans la soirée de lundi, selon Claude Baumann.
André Vouilloz, de la société de coordination d’événements Adrénaline, mandaté par Frédéric Hohl pour l’aspect technique, n’a quant à lui pas perdu espoir. Il modère toutefois: «Tant que je n’ai pas l’accord définitif entre le stade et le promoteur, je ne peux pas amorcer les travaux.» Il a donné aux organisateurs hier soir comme ultime délai pour prendre leur décision. Les six jours de travaux nécessaires peuvent en effet se muer en trois jours et trois nuits d’intense labeur s’il le faut.
L’idée de se replier sur l’Arena, dont le bruit a lui aussi couru, aurait certes été envisagée. Mais elle aurait été rapidement écartée, comme le confirme le directeur de la salle, Jean-Pierre Simonin.
Alors Prince ou pas Prince vendredi soir à Genève? La réponse devrait tomber aujourd’hui.