Ils sont 94?616 à habiter en France voisine et à travailler à Genève. Un chiffre qui ressort de la répartition des fonds frontaliers aux communes de l’Ain et de la Haute-Savoie. Chaque année en décembre, les deux départements versent à ces dernières une partie de la compensation financière genevoise (CFG) qu’ils perçoivent de Genève. Un calcul basé essentiellement sur le nombre d’actifs genevois résidant dans ces communes. Cette répartition donne une vision précise du phénomène transfrontalier. Cette population comprend les frontaliers titulaires d’un permis actif mais aussi les Suisses ou binationaux installés en France voisine qui n’ont pas besoin de permis.
Plus de 37?000 Suisses
D’où le second enseignement de taille: considérant que, à la fin de 2010, on comptait 57?000 permis actifs, on peut estimer à plus de 37?000 le nombre de ressortissants helvétiques actifs à Genève résidant dans les deux départements. «Sans compter les non déclarés, pour lesquels les collectivités françaises ne touchent rien et qui faussent les chiffres dont on aurait besoin pour dimensionner les grands projets de l’agglomération», s’agace Michel Charrat, président du groupement transfrontalier européen. A y regarder de plus près, on constate que l’agglomération annemassienne et le Genevois confortent leur rôle de première couronne. En Haute-Savoie, la ville d’Annemasse détient le record du nombre de transfrontaliers avec 8526. Ce qui lui permet de toucher plus de 8 millions d’euros. Selon l’observatoire statistique transfrontalier, Veigy compte, elle, la plus forte proportion de frontaliers parmi ses actifs (72%).
Les transfrontaliers sont quasi partout en Haute-Savoie (dans 260 communes sur 294). «Des communes toujours plus éloignées», indique l’observatoire, soulignant une extension vers la vallée de l’Arve, le Chablais haut-savoyard et petit Bugey. On vient de loin, voire de très loin, pour travailler dans le canton. Depuis Passy, ils sont 91 à faire les trajets. Le secteur de Chamonix passe de 66 à 91 transfrontaliers. L’agglomération d’Annecy enregistre aussi une progression, à laquelle la mise en service de l’autoroute n’est pas étrangère.
Moins de frontaliers
Dans l’Ain, Gex détient la palme avec 1657 transfrontaliers. Phénomène inédit, quelques communes du Pays de Gex enregistrent une baisse à l’instar de Chevry, Sauvergny et Divonne (de 1090 à 1087). Une baisse minime mais qui révèle la saturation du marché immobilier. Le pays bellegardien connaît, lui, une poussée du phénomène frontalier (de 1657 à 1712).