Le crash d’avions civils sur les «Twin Towers», l’effondrement de buildings dans New York, l’attaque aérienne du Pentagone, la menace terroriste sur les Etats-Unis... le 11-Septembre a tout du film catastrophe hollywoodien. Les célèbres studios californiens ne se sont donc pas privés après le drame de produire des films et des documentaires sur le sujet. Il aura toutefois fallu une période moratoire de cinq ans pour que démarre l’exploitation du sujet sur grand écran.
Parmi les dizaines de productions existantes, les références au jour de l’attaque sont multiples. Elles peuvent être directes, dans le cas d’un documentaire donnant la parole aux survivants, ou indirectes, lors d’un film d’action sur un sujet a priori éloigné de l’attaque.
Le documentaire s’empare du 11-Septembre pour relater les faits et expliquer les zones d’ombres («9/11 Mysteries - Demolitions», en 2006, «ZERO, enquête sur le 11-Septembre» et «9/11: Press of Truth» en 2007), en guise d’hommage (le collectif «11’09’01») ou pour dénoncer la guerre contre le terrorisme des Etats-Unis, considérée comme injuste («Farenheit 9/11» de Michael Moore en 2004). Il est aussi le vecteur privilégié des théories du complot qui se développeront sur le sujet («The Great Conspiracy», «911 The Road to Tyranny», «Le Monde selon Bush», tous sortis en 2004).
Farenheit 9/11, bande-annonce
Allusions indirectes
A Hollywood, les films d’action se contenteront après 2001 d’allusions indirectes aux attaques, reléguant l’événement dans le domaine de l’implicite. Le traumatisme était-il trop fort pour projeter le drame sur grand écran? La catastrophe du 11-Septembre place en tout cas les réalisateurs d’Hollywood devant un dilemme lorsque les scènes représentant les tours jumelles ont été tournées avant les attaques.
Certains films subiront ainsi une censure rapide de plans jugés intolérables. C’est le cas de la bande-annonce de «Spider-Man» de Sami Raimi, sorti en 2002, dans laquelle l’homme-araignée tissait sa toile entre les fameuses tours. Le passage et les allusions aux World Trade Center seront supprimés. En 2001, Steven Spielberg conservera par contre dans «I.A.» ses plans des tours jumelles dans une ville de New York envahie par les eaux.
En 2002, Martin Scorsese ignorera pour sa part la disparition des tours dans «Gangs of New York». Une scène en accéléré montre la construction de la Big Apple sur 150 ans, avec l’érection des deux Tours, donnant l’impression qu’elles ne se sont jamais effondrées. En tout, une quarantaine de films auraient été réécris ou censurés en raison des tours jumelles après le 11-Septembre.
Cendre brune
Petit à petit, les allusions se font plus explicites. La même année, Steven Soderbergh relate dans son film de science-fiction «Solaris» une thérapie collective de personnes ayant vécu un événement traumatisant. Des plans de «l’événement» en question évoquent le 11-Septembre.
La «25e heure» de Spike Lee suit en 2003 les derniers jours de liberté d’un dealer avant son incarcération. Alors que son personnage déambule dans les rues d’une ville New York post-11-Septembre, la caméra balaie le «Ground Zero». Un plan risqué pour l’époque. La scène filme pour la première fois le vide laissé par les tours pour le cinéma.
En 2005 enfin, certains auront vu dans la «Guerre des Monde» de Steven Spielberg (encore lui!) une nouvelle référence au drame. La désintégration des humains par les attaques extra-terrestres les transforment en cendre brune qui recouvre une ville américaine en plein chaos. L’ambiance n’est pas sans rappeler celle de New York lors de l’effondrement des tours jumelles.
Fin du tabou
Il aura fallu cinq ans de recul pour que les studios californiens osent aborder la catastrophe frontalement. En 2006, au moins trois grosses productions brisent ensemble le tabou, en alternant fiction et témoignages: «Vol 93» de Paul Greengrass, «World Trade Center» d’Oliver Stone et «Superman returns» de Bryan Singer, dans lequel le super-héros doit empêcher une attaque aérienne sur les Etats-Unis.
D’autres films sur Al-Qaida suivront le mouvement («Body of Lies», en 2008 de Ridley Scott) etla guerre menée en Irak par les Etats-Unis ne sera pas épargnée («Redacted» de Brian de Palma et «In the Valley of Elah» de Paul Haggis en 2007), de même que la prison de Guantanamo («The Road to Guantanamo» de Michael Winterbottom, en 2005).
Paranoïa terroriste
Les productions récentes traitent de thèmes plus psychologiques sur le sujet, tels que la paranoïa terroriste vécue par certains Américains ou le traumatisme causés par la perte de proches dans la catastrophe («Civic Duty» de Jeff Renfroe, en 2006 et «Reign Over Me» de Mike Blinder en 2007).
A Hollywood, la mise en scène du 11-Septembre permet aux réalisateurs de tisser de nombreuses métaphores entre leurs héros et les blessures des Etats-Unis, dans lesquelles les attentats résonnent comme une punition ou font écho à une certaine crise sociale et morale américaine plus globale.
«Spider-Man», la bande-annonce censurée
«Gangs of New York», 150 ans de construction de New York
«Vol 93», bande-annonce
«World Trade Center», bande-annonce
«Superman returns», bande-annonce
Press of Truth
"9/11 Press For Truth" (11 Septembre 2001) par ReOpen911 9/11 Mysteries - Demolitions
911 Mysteries - stfr par pillulerouge